L’exposition réunit un ensemble de créations visuelles et audiovisuelles où le réel côtoie la fiction. Les œuvres prennent naissance à partir d’idées, de mots, d’images, d’observations ou de lieux réels et évoluent librement vers des univers où «l’imaginaire transforme notre manière de voir le monde».
Si le terme flânerie peut avoir une connotation négative dans la culture populaire, c’est l’inverse dans le cas d’Alain G. Boies.
«Pour moi, c’est plutôt positif et ça me représente bien. Je me promène beaucoup de façon aléatoire, soit en ville et en campagne, soit dans ma tête. Flâner, c’est un espace de réflexion et un lieu de départ pour mes créations», explique l’artiste.
Différentes sections
Divisée en quatre sections, l’exposition propose d’abord l’espace Petite f/ction, qui est consacré aux créations visuelles et qui rassemble plus de 100 images accrochées aux murs. À partir d’un point de départ réel ou imaginaire, chaque œuvre propose une relecture du monde où le quotidien se transforme subtilement en fiction. Sans rompre complètement avec la réalité, ces créations invitent le visiteur à découvrir de nouvelles possibilités de lecture d’un même lieu, d’un même objet ou d’une même situation.
De leurs côtés, les sections Arb/orescence, Plaje et Cøeur parallèle prennent la forme de courtes créations audiovisuelles. Au total, plus de 50 vidéos contenant notamment des œuvres visuelles et des chansons créées par Alain G. Boies sont accessibles sur des tablettes électroniques pour être consultées au rythme du visiteur. Cette consultation individuelle du mélange des formes d’art est une invitation à ralentir et à profiter d’un espace de découverte.
«Ça ajoute à l’aspect immersif, souligne le Lévisien. Je ne veux pas que ce soit seulement une salle avec des images à regarder. Je veux qu’ils le vivent. Et l’audiovisuel me permet d’ajouter des chansons que j’avais créées. Je les ajoute sur des séquences d’images et ça permet à la personne d’écouter la chanson et de regarder images en parallèles. Elles ne sont pas toujours en lien l’une et l’autre, mais ça permet de mettre ensemble plusieurs images qui deviennent une histoire de fiction.»
En utilisant l’intelligence artificielle comme «compagnon de création», Alain G. Boies explore différentes avenues créatives en acceptant les détours. Son processus de création repose d’ailleurs sur l’exploration, alors qu’il laisse les idées en appeler d’autres et accepte les détours pour créer sans itinéraire imposé.
Dans son exposition, l’artiste tente de recréer son désir de liberté chez le visiteur pour qu’il puisse profiter pleinement du moment.
«Être libre, c’est le but du flânage. La personne va pouvoir voyager d’une section à l’autre et se faire ses propres scénarios dans sa tête. J’espère que les gens sortent de là et aillent chercher leur propre pouvoir créatif. Je veux que ça les branche à leurs petits rêves qu’ils cachent et qu’ils n’osent pas nommer ou accomplir», conclut le Lévisien.