Rappelons que dans la pièce, Hubert et Viktor Proulx livrent le récit d’une famille écorchée, mais très attachante. On y voit notamment l’histoire de Steeven, le frère d’Hubert Proulx, un toxicomane charismatique avec un passé trouble, dont la vie a drastiquement changé à la suite d’un AVC qu’il a fait à 32 ans. La famille, la transmission et les chocs générationnels sont des thématiques au cœur de l’œuvre.
«Je raconte tout le parcours dramatique qu’on a vécu avec mon frère, qui est un être extrêmement charismatique et talentueux. Quand ça devient trop dramatique, je vais désamorcer ça avec les histoires de mon père qui n’ont pas d’allure. C’est un baby-boomer très charismatique, drôle, attachant et sans filtre, qui a voyagé à travers le Canada pour aller travailler sur des runs. C’est un être excentrique, mais de sa génération. C’est cette génération qui a créé le passage de la société traditionnelle à moderne et qui a eu beaucoup d’opportunités, mais qui n’a pas toujours eu le tour de dire des choses à ses enfants», explique Hubert Proulx.
De la scène au livre
S’il n’avait pas comme but de publier le texte de sa pièce, Hubert Proulx a été convaincu par plusieurs éditeurs qui l’ont approché pour le mettre en livre. C’est d’ailleurs grâce à son texte qu’il avait lui-même convaincu l’actrice Anne Dorval de mettre en scène la pièce.
Bien qu’il préfère la pièce sur scène, étant donné son amour des arts vivants, le comédien est heureux que le texte touche les gens.
«Mon éditeur a vu mon spectacle et m’a dit qu’on devait publier ça, parce que c’est bon et que le monde a trouvé ça bon, lance Hubert Proulx en riant. Une de mes fiertés avec le spectacle, c’est que ça parle à tout le monde, peu importe la classe sociale ou les origines. Je parle de la famille, donc il y en a pour tout le monde. C’est accessible par son thème, mais ça demeure complexe.»
Même si le texte de la pièce est retranscrit dans le livre, l’exercice a été complexe pour l’auteur, puisque le spectacle a beaucoup bougé en un an et demi d’existence. Son fils se permet de modifier des éléments qui ne fonctionnent plus et les deux acteurs se permettent d’improviser sur scène, donc la pièce a évolué. Ils ont donc conclu un livre qui diffère de la pièce et qui offre une expérience différente de celle sur scène au lecteur.
En cristallisant sa pièce par écrit, Hubert Proulx s’est également assuré de rendre l’histoire de sa famille éternelle.
«Je n’avais pas vu ça de même au début, mais ça me fait du bien de me dire que ça va continuer d’exister. C’est sûr que les arts vivants, même si c’est ce que j’aime le plus, c’est éphémère. Ça va marquer les gens, mais après ça va disparaître, ça s’évapore, alors que les écrits restent. Qui sait, peut-être que mon fils reprendra le show dans 25 ans avec son propre enfant», ajoute l’artiste à la blague.
Un retour à la maison
Dans le cadre de la tournée du spectacle, Hubert et Viktor Proulx s’arrêteront à L’Anglicane, le 25 septembre. Ayant grandi à Saint-Jean-Chrysostome, ce sera l’occasion pour le paternel de jouer devant sa famille élargie dans une salle qu’il adore.
«La première fois que j’ai été filmé, à 10 ans, c’était pour le 40e anniversaire de mariage de mes grands-parents, à L’Anglicane. C’est pas mal une des salles auxquelles je suis le plus attaché, personnellement. C’est chez nous, donc ça va être spécial. Jouer à la maison, ça apporte une émotivité de plus. Si j’étais spectateur, je m’arrangerais pour venir voir la pièce à L’Anglicane. Mon conseil, si vous trouvez des billets, jetez-vous dessus, parce que ça va être un bon show», conclut-t-il.