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Alors que le coût de la vie explose, les prestations d’aide sociale stagnent. Pendant ce temps, les ressources communautaires s’essoufflent, faute de ressources, d’investissements suffisants, et les programmes sociaux permettent à peine de survivre. Cette situation enferme des milliers de personnes dans une précarité chronique, qui attaque directement leur dignité et leur liberté de choix.
Car oui, la pauvreté, ce n’est pas seulement manquer d’argent : c’est être privé de choix. On nous a déjà dit avoir le choix, entre un coup de pied dans le cul ou une claque sur la gueule, c’est ça le choix qu’on a!
Prenons l’exemple de Madame, contrainte de quitter temporairement son logement pour des rénovations. On lui propose une relocalisation à l’extérieur de la ville. Accepter signifierait perdre l’accès à la banque alimentaire, aux ressources qu’elle fréquente, à son réseau. Cela signifierait aussi devoir payer un transport qu’elle n’a pas les moyens de s’offrir à moins de couper dans son alimentation. Refuser, c’est vivre pendant deux ans dans le bruit et l’insécurité.
Voilà la réalité : un «choix» qui n’en est pas un.
Ces situations ne sont pas des cas isolés. Trop de personnes restent dans des logements insalubres faute d’alternatives. Trop de locataires sont discriminés parce qu’ils-elles vivent en logement subventionné.
Trop de vies sont suspendues à des décisions qu’elles ne contrôlent pas.
À Lévis, les besoins des personnes les plus vulnérables continuent d’être relégués au second plan. Récemment, les postes de quatre travailleuses et travailleurs de milieu ont été abolis, conséquence de la complexité croissante des besoins des aînés, amplifiée par l’approfondissement des inégalités sociales. Pourtant, les besoins explosent : la région connaît une hausse de 16 % de l’itinérance, dont plus de la moitié à Lévis. Malgré cela, le gouvernement provincial refuse toujours d’investir massivement dans le logement social, les HLM et les coopératives d’habitation.
Ce que nous dénonçons, ce ne sont pas des accidents, mais bien les conséquences d’un système qui creuse les inégalités et condamne les plus vulnérables à survivre plutôt qu’à vivre.
Un système où la dignité devient un privilège plutôt qu’un droit.
Nous refusons cette fatalité.
Nous exigeons des actions concrètes et immédiates : une augmentation significative des prestations d’aide sociale, des investissements massifs dans les ressources communautaires et un véritable engagement dans le développement de logements sociaux.
Parce que vivre dignement ne devrait jamais être un luxe.
Parce que chacun et chacune mérite de pouvoir faire de vrais choix.
Par le C-TA-C la Pauvreté
Collectif de travail et d’action contre la pauvreté à Lévis