lundi 2 février 2026
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Cancer du sein

L’endermothérapie accessible à Lévis

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Photo : Catherine D'Amours

28 janv. 2026 08:54

La Fondation québécoise du cancer (FQC) et la Fondation Se reconstruire ont toutes deux lancé un nouveau service à Lévis pour les personnes ayant eu ou ayant actuellement le cancer du sein. Offert en partenariat par les deux fondations à la Maison Dessercom, située face à l’Hôtel-Dieu de Lévis, le service d’endermothérapie sera désormais accessible à faible coût à Lévis.

«Globalement, c’est une machine qui vient faire un aspect mécanique de palper-rouler combiné à une aspiration pour venir recréer le plan de glissement entre les tissus. On veut redonner de l’amplitude, surtout dans le haut du corps, puisque la chirurgie du cancer du sein va vraiment créer une affection dans la physionomie du haut du corps», explique la Dre Cathie Guimond, fondatrice de la Fondation Se reconstruire et elle-même survivante d’un cancer du sein. 

Celle-ci vise donc à soulager la douleur, améliorer la souplesse et l’amplitude des tissus, stimuler la circulation sanguine et lymphatique, soulager les tensions musculaires et réduire la fibrose tissulaire dans une approche sans douleur. 

Le service d’endermothérapie à faible coût n’était auparavant offert qu’au centre de la fondation situé à Longueuil. Les patients vivant à l’extérieur pouvaient aller au privé pour se procurer le soin, mais cela entraînait des frais si importants que même les médecins ne proposaient pas ou peu la solution à leurs patients. De plus, peu de professionnels sont formés pour offrir le service. 

«L’endermothérapie, au privé, malheureusement ça coûte très cher. Ce qu’on arrive à faire aujourd’hui, c’est un rêve que j’ai depuis sept ans. On donne accès à ce soin qui va changer la vie des femmes et des hommes. Quand on doit gérer de la douleur chaque minute au quotidien, c’est lourd, ça nous affecte, ça affecte notre entourage et on ne se retrouve plus, en plus de gérer tous les stress liés à la maladie», ajoute la Dre Cathie Guimond. 

Travaillant comme kinésithérapeute à la base, c’est en 2015 que Carol-Anne Jolin a suivi sa formation pour devenir endermothérapeute spécialisée en cancer du sein. Elle s’est ensuite procuré à ses frais la machine utilisée et elle offrait le service au privé dans les dernières années à Lévis. Elle est la professionnelle qui a débuté le 22 janvier dernier l’offre de service grâce au partenariat.

«Depuis 2015, on a eu un gros boom pour le service. Comme je suis la seule à l’offrir dans l’est du Québec, j’avais de la difficulté à faire valoir mon point. Donc, depuis la venue de la Fondation Se reconstruire, ça a explosé. On voit plus de femmes qui veulent obtenir ce service. Les femmes ont encore beaucoup de douleurs à la suite du cancer et elles ne savent pas où aller. La fondation leur permet d’arriver jusqu’à nous et d’avoir de l’information», souligne Carol-Ann Jolin. 

Démonstration de l'utilisation de l'appareil d'endermothérapie. Photo : Catherine D'Amours

Dorénavant, grâce au partenariat entre les deux fondations, les personnes souhaitant obtenir le service d’endermothérapie pour la douleur liée au cancer du sein, peuvent faire une demande à la Fondation Se reconstruire directement et auront accès à trois séances à très faible coût. 

Un travail de communication 

Maintenant que le service a fait son apparition à Lévis, le travail est de le faire connaître aux personnes qui pourraient en bénéficier, mais également aux médecins œuvrant auprès de patients atteints du cancer du sein. 

«Les radiooncologues et les plasticiens la voit la différence que le traitement apporte. Le seul frein qu’ils avaient c’est que si la personne est très peu nantie, ils ont un malaise de lui en parler. En venant donner cet accès, on vient changer la donne par rapport à ça», indique la Dre Cathie Guimond. 

Marco Décelles, directeur général de la Fondation québécoise du cancer, Caroline Frappier, directrice générale de la Fondation Se reconstruire, Dre Cathie Guimond, fondatrice de la Fondation Se reconstruire, et Carol-Ann Jolin, Endermothérapeute spécialisée en cancer du sein. Photo : Catherine D'Amours

Il est possible de recevoir un traitement d’endermothérapie avant une opération, deux semaines ou plus après l’opération, avant la radiothérapie, quatre mois ou plus après la fin de la radiothérapie et pendant la chimiothérapie. 

Le nombre de traitements requis varie de patient en patient et ceux-ci peuvent être échelonnés sur de longues périodes, dépendamment de où le patient est rendu dans ses traitements. Anciennement patiente de l’endermothérapie, la directrice de la Fondation Se reconstruire, Caroline Frappier, raconte l’efficacité que le traitement a eue pour elle.

«La chirurgie s’est bien déroulée, mais j’ai fait un cordon, ce qui fait que c’est très tendu sous le bras. Je n’étais pas capable de prendre une assiette dans l’armoire ou de prendre ma fille dans mes bras parce que ça me faisait tellement mal. En allant à la fondation, j’ai pu avoir accès à l’endermothérapie qui a complètement changé ma vie. Après un traitement, j’étais capable de lever mon bras», raconte Caroline Frappier. 

Pour avoir accès aux services offerts à Lévis, les femmes et hommes ayant eu ou ayant toujours le cancer du sein peuvent contacter directement la Fondation Se reconstruire. 

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