mardi 10 mars 2026
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Masques anti-crachat

Interdiction d'utilisation exigée en milieu de soin

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Photo : Unsplash - Miguel Ausejo

10 mars 2026 12:00

À la suite de reportages de Radio-Canada sur des décès associés à l’utilisation de masques anti-crachat par les forces policières et en milieu carcéral, l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ) a tenu à rappeler lundi que «ces dispositifs font aussi partie de l’arsenal de mesures de contrôle utilisé dans certains hôpitaux». Du même souffle, le regroupement, dont fait partie L'A-Droit de Chaudière-Appalaches a demandé l'interdiction de l'utilisation de cet outil en milieu de soin.

L'AGIDD-SMQ argue que ces masques sont généralement utilisés dans des situations où des personnes en crise «sont déjà soumises à d’autres mesures de contrôle». Le masque anti-crachat «renforce une dynamique de contrainte extrême qui comporte des risques sérieux pour la sécurité, l’intégrité, la dignité et les droits fondamentaux des personnes concernées», soutient le regroupement. 

L'AGIDD-SMQ estime que les établissements de soins devraient au contraire privilégier des approches thérapeutiques, humaines et fondées sur la désescalade. 

«L’AGIDD-SMQ demande l’interdiction immédiate de l’usage des masques anti-crachat en psychiatrie, en milieu carcéral et par les forces policières auprès des personnes en situation de crise, ainsi que l’adoption de pratiques d’intervention fondées sur les droits humains, la désescalade et le soin. Une telle interdiction existe déjà au Nouveau-Brunswick  depuis 2020, décision prise à la suite du décès de Derek Whalen, un détenu de 37 ans, survenu quelques mois plus tôt dans un incident impliquant l’utilisation d’un tel dispositif», a clamé Nancy Melanson, responsable du volet sociopolitique à l’AGIDD-SMQ. 

L’organisme a aussi appelé les autorités sanitaires, les ordres professionnels et les établissements de santé à mettre en place des «protocoles clairs», des formations spécialisées et de «véritables mécanismes de reddition de comptes» concernant toute mesure de contention utilisée en milieu de soins. 

«La protection du public ne peut jamais se faire au détriment de la sécurité physique et psychologique et des droits des personnes vivant des problèmes de santé mentale. Les hôpitaux doivent demeurer des lieux de soin, de soutien et de respect des droits — et non des espaces où se multiplient des pratiques coercitives traumatisantes et potentiellement létales», a conclu l'association.

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