Par Érick Deschênes
Comme je le craignais, les éreintantes séries qui se sont terminées en sept matchs lors des duels qui ont mis sur la route du CH le Lightning de Tampa Bay et les Sabres de Buffalo ont laissé des traces dans le camp montréalais.
Plusieurs joueurs du Bleu blanc rouge (Kaiden Guhle, Juraj Slafkovsky) jouent manifestement blessés. L’ensemble des protégés de Martin St-Louis ne semblent également ne plus avoir de grandes réserves d’énergie.
Et ce niveau bas de carburants dans le réservoir du Tricolore tombe à un bien moment face à cet adversaire redoutable que sont les Hurricanes de la Caroline. La troupe de Rod Brind’Amour pour le Canadien est telle la kryptonite face à Superman.
Grâce à son échec avant étouffant, constant et efficace, les Canes empêchent les défenseurs de la Sainte-Flanelle de bien bouger la rondelle en zone défensive et d’effectuer des relances efficaces et rapides vers leurs attaquants, l’une des forces des Habs. Et juste pour mal faire ou en raison des stratégies de Martin St-Louis, les attaquants montréalais sont très éloignés de leurs défenseurs lors des relances. Avec leur échec avant, les Hurricanes bloquent donc dès le départ les contre-attaques des Canadiens.
À l’exception du premier match où les Montréalais ont visiblement profité de la rouille de représentants de la Caroline du Nord bien reposés, le Canadien a également toutes les difficultés du monde à diriger des tirs vers le filet adverse. Ce fut une tendance lourde pendant toute la saison : les meilleurs attaquants du Bleu blanc rouge adorent jouer en périphérie et miser sur des passes spectaculaires pour déjouer ses adversaires. Contre un adversaire aussi efficace que les Hurricanes pour bloquer le centre en zone défensive, les Canadiens se retrouvent pris à faire du cycling sans obtenir de résultats.
Des maux qui apparaissent davantage
Mais la série contre une équipe aussi expérimentée que les Hurricanes de la Caroline démontre au grand jour des failles qui empêchent pour le moment le Tricolore d’atteindre le statut des équipes dominantes dans la Ligue nationale de hockey.
Il manque toujours un véritable deuxième trio offensif à la troupe de Martin St-Louis. Ivan Demidov tente bien de faire des miracles, mais sans un ailier et un centre de son calibre à ses côtés, il est difficile pour lui de provoquer des étincelles sur une base permanente. Et sans un deuxième trio qui peut faire la différence, le premier trio ne peut être soulagé. Suffis à bloquer les attaques de Nick Suzuki, Cole Caufiel et Juraj Slafkovsky pour améliorer ses chances de l’emporter contre le CH.
Aussi, les Canadiens trouvent toujours le moyen de ne pas donner un bon coup sur le museau de son adversaire afin de l’ébranler à des moments capitaux. On n’a qu’à penser à la prolongation du troisième match de la série contre les Hurricanes. Au début de la période de surtemps, ils ont eu deux occasions de fermer les livres, que ce soit grâce à une échappée de Nick Suzuki ou un tir de Mike Matheson qui a frappé le poteau. Si un but avait été marqué, le Tricolore aurait alors mené 2 à 1 la série et aurait semé le doute dans la tête des Hurricanes, eux qui avaient dominé le match. Mais au final, ce sont les représentants de la Caroline qui ont obtenu la victoire.
Enfin, alors que le Centre Bell devrait être une forteresse et un endroit intimidant pour les adversaires de la Sainte-Flanelle, le Bleu blanc rouge éprouve plusieurs difficultés à domicile cette saison. En huit parties disputées en série cette année au Centre Bell, les Canadiens n’ont signé que deux victoires.
Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Mais le Tricolore semble avoir donné tout ce qu’il pouvait. Atteindre le carré d’as des séries pour obtenir la coupe Stanley, il n’y a pas de quoi rougir et avoir honte pour les Canadiens. Loin de là!
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