Par Érick Deschênes
À titre de rappel, les Sénateurs n’ont pu obtenir des Panthers de la Floride que des choix au repêchage (deux choix de première ronde à l’encan de cette année, un choix de première ronde en 2029 et un choix de deuxième ronde en 2030) pour son principal leader à l’attaque des dernières saisons, attaquant toujours dans la fleur de l’âge.
Bien au courant que la majorité de ces choix sont de deuxième catégorie en raison des succès passés et à venir des Panthers, les Sénateurs auraient tenté d’avoir également dans le troc les services du centre Anton Lundell. Mais ayant le gros bout du bâton, les Panthers n’ont rien voulu savoir et les Sénateurs ont dû se contenter de choix.
En effet, les membres de l’équipe américaine, championne des Jeux olympiques l’hiver dernier, se sont découvert une soif de jouer ensemble à assouvir le plus rapidement possible.
Dans leur groupe secret de conservation sur les médias sociaux, ils se motiveraient entre eux à réclamer des transactions à leur équipe respective pour rejoindre quatre équipes américaines, quel heureux hasard, qui sont devenues le nouvel eldorado du hockey professionnel. Ces quatre équipes sont les Panthers de la Floride, les Golden Knights de Las Vegas, le Wild du Minnesota et les Hurricanes de la Caroline.
Si plusieurs membres de l’édition 2025-2026 des Sénateurs n’en pouvaient plus de Tkachuk à la suite de la controverse l’hiver dernier qu’il a provoqué sur son gardien Linus Ullmark, le mouvement lancé par les membres de Team USA pourrait couper l’élan que la LNH a depuis quelques saisons.
Dylan Larkin (centre des Red Wings de Detroit) et Connor Hellebuyck (gardien des Jets de Winnipeg) ont aussi demandé de quitter leur équipe respective pour rejoindre les quatre nouvelles équipes de l’eldorado américain. Des rumeurs laissent aussi entendre que Zach Werenski, le défenseur étoile des Blue Jackets de Colombus tout juste auréolé d’un trophée Norris, aimerait également jouer dans la même équipe que son pote d’enfance Larkin.
En plus de limiter la qualité du retour pour les équipes qui ont repêché et développé ces talents, j’ai peur que cette nouvelle philosophie crée de grandes brèches dans l’équité qui a permis d’améliorer grandement le spectacle dans le circuit Bettman depuis une vingtaine d’années.
Est-ce qu’on se retrouvera à revivre l’époque du tournant des années 2000? Celle où uniquement les clubs fortunés, à notre ère ceux qui se retrouvent aux États-Unis ou dans des États américains offrant des avantages fiscaux disproportionnés aux millionnaires, peuvent se construire des formations qui peuvent aspirer à la coupe Stanley. Une période de l’histoire de la LNH où il était difficile pour les équipes canadiennes de se démarquer.
Reste que l’arrivée d’étoiles n’est pas synonyme de succès instantané, la gestion de fortes personnalités étant aussi un bon défi que les Panthers devront gérer avec le duo des frères terribles du hockey.
Ne pas apprendre de ses erreurs
Dans un autre ordre d’idées, il est dur de suivre la vision stratégique du nouvel état-major des Maple Leafs de Toronto.
Alors que les problèmes devant le filet ont toujours causé des ennuis aux Torontois, John Chayka, le nouveau directeur général des Maple Leafs, a décidé de se débarrasser de l’un de ses bons cerbères, Joseph Woll, pour se dégager de la marge de manœuvre financière.
Avec cet espace obtenu sur la masse salariale, il s’est ensuite dirigé vers le Lightning de Tampa Bay. Julien BriseBois s’est fait un plaisir d’accorder un contrat de 8 ans avec une moyenne salariale annuelle de 8,5 M$ au défenseur Darren Raddysh avant de l’échanger aux Maple Leafs.
Si Raddysh a connu une bonne campagne dans les derniers mois, il ne s’agissait, à l’âge de 30 ans, que de sa troisième saison complète dans le circuit Bettman. Avant la saison 2025-2026, Raddysh était un arrière plutôt marginal.
Pourquoi diable les Maple Leafs lui ont déroulé un tapis rouge (bleu) digne d’un défenseur étoile dans la LNH alors qu’il n’est, s’il est capable de reproduire ces exploits de 2025-2026, un défenseur de deuxième paire? Et ce, alors que la brigade défensive de Toronto est considérée comme une grande faiblesse depuis plusieurs saisons? Les Maple Leafs ne semblent pas être sortis de l’auberge quant à leurs difficultés…
De l’action à Montréal…et à Vancouver
Si je suis bien heureux que les Canadiens n’aient pas de diva américaine à gérer ou ne soient pas lancés éperdument dans le spectaculaire et coûteux derby Raddysh, l’état-major du Tricolore doit absolument bouger au cours des prochains jours pour améliorer l’équipe.
Avec les munitions obtenues dans le troc envoyant Tkachuk en Floride, Ottawa semble vouloir s’améliorer rapidement en allant chercher des joueurs établis dans la LNH et ne pas attendre l’encan pour mettre la main sur de prometteurs joueurs. Les Panthers ont un club qui fait encore plus peur désormais, les Hurricanes sont champions de la coupe Stanley, etc. Si le Bleu blanc rouge veut suivre la parade, Martin St-Louis doit aussi pouvoir compter sur des renforts qui corrigeront certaines lacunes observées au cours des derniers mois.
Enfin, dans un autre ordre d’idées, quel travail signé par la sélection canadienne jusqu’à maintenant lors de cette Coupe du monde de football 2026! Après avoir obtenu un match nul contre la Bosnie-Herzégovine, une équipe coriace qui s’est fait une spécialité de faire mal aux géants européens, le Canada a lessivé le Qatar 6 à 0, en voie d’obtenir son billet pour la phase éliminatoire du Mundial.
Il est triste cependant de voir qu’Ismaël Koné, un Québécois qui a repris du peps cette saison en Europe, ne pourra poursuivre l’aventure en raison de la terrible blessure qu’il a subie lors du duel contre le Qatar. Mais cette épreuve pourrait bien souder un groupe qui pourrait provoquer des flammèches dans une édition 2026 de la Coupe du monde remplie de surprises.
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.