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Une victoire historique

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29 juin 2026 02:04

Si la sélection masculine du Canada ne se situe pas encore dans l’élite mondiale comme l’équipe féminine défendant l’unifolié, la troupe canadienne a franchi une importante étape dimanche dans le développement du programme. Après s’être qualifiée pour la première fois de son histoire en ronde éliminatoire de la Coupe du monde de soccer, la formation masculine senior a brisé un autre plafond de verre en obtenant son billet pour les huitièmes de finale.

Par Érick Deschênes

Il faut en convenir d’emblée, l’exploit qui a permis aux membres de l’équipe de Jesse Marsch de devenir des «héros canadiens» a été en partie rendu possible grâce au nouveau format de la Coupe du monde.

Alors que la phase finale du plus grand événement sportif ne conviait que 32 équipes depuis des lunes, 48 sélections nationales ont pu se qualifier pour le tournoi permettant de consacrer la meilleure nation de foot.

Contrairement à ses deux précédentes expériences en 1986 et en 2022, où elle a croisé le fer sans succès en phase préliminaire respectivement avec l’Union soviétique, la France et la Hongrie ainsi qu’avec le Maroc, la Croatie et la Belgique, la sélection canadienne a eu rendez-vous cette année avec des équipes nationales à sa portée, soit celles de la Bosnie-Herzégovine, du Qatar et de la Suisse.

Malgré que l’équipe unifoliée n’est pas une puissance du foot, la formation de Jesse Marsch a bien négocié cette étape pour obtenir les premiers points du Canada en ronde préliminaire, une première historique qui lui a permis de réaliser une autre première en se qualifiant pour la ronde éliminatoire.

Si le Canada s’est amusé contre le Qatar et que l’expérimentée équipe suisse a profité des largesses canadiennes lors du dernier match de la ronde préliminaire, la sélection portant la feuille d’érable a d’emblée tonné le ton en se sortant du piège bosniaque avec une nulle. Cette formation de l’Europe centrale s’est fait un malin plaisir au cours des dernières saisons à faire mal à de grandes puissances européennes. L’équipe canadienne n’a cependant pas tombé dans le piège.

Comme elle l’a aussi fait lors de son premier match éliminatoire de son histoire à la Coupe du monde, dimanche contre l’Afrique du Sud. Si la sélection du pays de Nelson Mandela débutait un nouveau cycle lors du tournoi de cette année en alignant plusieurs jeunes joueurs, il s’agit d’une formation habituée aux rendez-vous de la Coupe du monde.

D’ailleurs, ayant opté pour une tactique hermétique lors de son duel contre le Canada, l’Afrique du Sud a failli faire mal à la sélection canadienne avec ses rapides contre-attaques. Mais avec l’expérience accumulée par le groupe de Jesse Marsch au cours des dernières années, la forteresse canadienne a tenu bon jusqu’à ce que Stephen Eustáquio scie les jambes des Sud-Africains en toute fin de rencontre avec le but synonyme de qualification pour les huitièmes de finale.

Il faut être réaliste, je ne donne pas cher de la peau de la sélection canadienne lors de cette ronde, la formation de Jesse Marsch affrontera alors le gagnant du duel entre les Pays-Bas et le Maroc. Deux formations qui excellent pour créer des attaques explosives, un aspect contre lequel le Canada a eu des difficultés lors de ce tournoi, rappelons-nous notamment du match contre la Suisse.

Mais d’avoir la chance de disputer deux matchs éliminatoires à la Coupe du monde de soccer, il s’agit d’un magnifique pas accompli par la sélection canadienne masculine. Un symbole également du développement continu de ce sport au pays.

Beaucoup de bruit pour rien

Dans un autre ordre d’idées, je ne peux pas profiter de ma chronique hebdomadaire pour revenir sur le manque de résultats de Kent Hughes au cours des derniers jours.

D’un certain côté, je suis rassuré que l’état-major du Canadien n’a pas fait des «transactions paniques» et céder trop d’actifs ou donner des contrats démesurés pour mettre la main sur des joueurs qui élimineront les faiblesses du Tricolore.

Toutefois, cela m’inquiète qu’à l’approche du début du marché des joueurs autonomes et qu’alors que plusieurs rivaux continuent de s’améliorer, le CH n’ait pas au moins corriger l’une de ses lacunes au lendemain d’une glorieuse campagne 2025-2026.

Si le Bleu blanc rouge est convaincu d’avoir mis la main une nouvelle fois sur une licorne lors du repêchage avec la sélection de Gleb Pugachyov, l’imposant ailier russe ne pourra occuper une chaise dans l’équipe de Martin St-Louis qu’au minimum avant deux ans. Et rien ne dit qu’il pourra devenir un ailier du top 6 offensif, là où de cruels besoins se font actuellement ressentir.

De plus, les départs de Luke Tuch, William Trudeau, Joshua Roy et Brendan Gallagher n’ont permis que d’obtenir d’autres joueurs qui les remplaceront chez le Rocket de Laval, dans le cas de Tuch, Trudeau et Roy, ou d’améliorer la marge de manœuvre sous le plafond salarial, dans le cas de Gallagher.

Bien que Kent Hughes serait très agressif au téléphone pour obtenir les pièces qui amélioreront son équipe, notamment l’ailier Kirill Marchenko, le Tricolore n’a toujours pas dans son escarcelle un ailier gauche et un centre qui épauleront efficacement Ivan Demidov dès cet automne ainsi qu’un défenseur droitier défensif et robuste qui améliorera la brigade défensive du Canadien.

Ce n’est pas avec Kirby Dach ou Florian Xhekaj que la Sainte-Flanelle pourra franchir un nouveau palier dans sa progression.

Introspection

En terminant, comme l’a notamment mentionné Martin Leclerc lors du balado Tellement hockey de Radio-Canada, on dirait que la Ligue nationale de hockey se fait un malin plaisir de «tuer» son repêchage annuel d’espoir.

Comme l’an dernier, les amateurs de hockey ont eu droit à un long spectacle télévisuel d’une platitude sans nom lors de la première ronde de l’encan, télédiffusée vendredi dernier. Dans sa précédente formule, il était plaisant de voir la grande majorité des espoirs présents sur place, ce qui évitait les vidéos Zoom d’espoir qui vivent ce grand moment en intimité ou une rapide phrase du commissaire Gary Bettman pour nous prévenir que le joueur n’est pas présent et qu’on passe tout de suite à un autre appel.

De plus, la présence des états-majors au même endroit permettait aux équipes de télédiffusion de parler rapidement à des intervenants au fait du dossier lorsqu’une transaction survenait. Désormais, si on a eu le courage de tenir jusqu’à tard dans la soirée, on a droit à une conférence très formatée à la fin de l’exercice.

Avec les profits que le circuit Bettman engrange année après année, je crois que la LNH peut se permettre ce luxe qui la rendait différente des autres circuits sportifs professionnels nord-américains.

Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.

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