Par Érick Deschênes
Malgré l’étrange événement de lancement de l’édition 2026 avec en point d’orgue la remise du prix FIFA pour la paix il y a quelques mois, l’instance mondiale responsable de l’organisation des plus prestigieuses compétitions internationales de soccer avait réuni tous les ingrédients pour connaître un beau succès.
En élargissant les cadres de la compétition de 32 à 48 équipes, la FIFA permettait enfin de diversifier son bassin de sélections participantes. Cela a notamment permis le beau parcours du Cap-Vert lors de la compétition nord-américaine.
En plus, la présentation de l’événement aux États-Unis, au Mexique et au Canada allait donner moins de sueurs froides à la FIFA que lors des deux précédentes et controversées éditions de la Coupe du monde. En raison de la présentation de l’événement en Russie (2018) et au Qatar (2022), l’organisation avait alors dû répondre à une tonne de questions légitimes sur le respect du droit international ou des droits des travailleurs ainsi que sur la pollution.
Disons que c’était avec moins de plaisir que le visionnement des matchs disputés au Qatar se faisait, alors qu’on savait notamment que la construction des stades de la compétition au prix du sang. Rappelons en effet que l’État qatari a officiellement reconnu la mort de centaines de travailleurs étrangers, alors que certains décomptes d’autres sources parlent plutôt de milliers de décès parmi les ouvriers.
Même avec Donald Trump comme président en fonction des États-Unis lors de la compétition, la FIFA espérait avoir bien moins de controverses à gérer avec cette coupe du monde nord-américaine. C’était bien mal connaître cette organisation.
Un vent de colère
Évidemment, une Coupe du monde de soccer ne serait pas une Coupe du monde de soccer sans qu’une sélection critique l’arbitrage ou estime avoir été volée de son opportunité de se qualifier pour le tour suivant.
Mais disons que cette année la FIFA a prêté flanc à des critiques raisonnables de plusieurs équipes nationales qui ont vu leurs espoirs de toucher le trophée doré prendre fin. En plus de la spectaculaire affaire Balogun que j’ai abordée dans mon précédent billet, on peut également penser à l’inconstance flagrante des arbitres et les explications lunaires de la FIFA sur certaines décisions litigieuses, des explications qui ont ensuite été démontées par certaines analyses (l’affaire du câble d’une caméra de télévision sur le premier but de Jude Bellingham contre la Norvège).
Et que dire des pauses hydratations obligatoires au milieu de chaque demie. Une belle occasion d’engranger des dollars avec de nouvelles pauses publicitaires, comme avec les exigences impériales de la FIFA aux villes hôtes pour récupérer tout dollar possible. Mais une nouveauté décriée par les sélections comme les pauses brisent le rythme du match.
Même si les stades sont remplis et que les quatre favoris de ce Mondial (France, Angleterre, Espagne et Argentine) croiseront le fer en demi-finale à partir de mardi, ces nombreuses controverses amènent son lot de questions légitimes sur la gestion de Gianni Infantino, le président actuel de la FIFA.
Oui, la maximisation des revenus doit être importante pour une entreprise comme la FIFA. Mais est-ce que cette obsession en est en train de se virer contre l’organisation. Il demeure que les nombreux partisans de soccer à travers le monde suivent la Coupe du monde pas pour gonfler encore plus les coffres de banque de la FIFA, mais voir la meilleure sélection nationale être couronnée championne du monde. Et ils ne veulent pas que le parcours de leur équipe préférée soit entaché par des erreurs d’arbitrage ou une inconstance. Avec tous les outils technologiques à la disposition de la FIFA, on peut éviter une «main de Dieu» de Maradona comme en 1986.
Aux membres de la FIFA de faire le ménage pour éviter que la blessure provoquée par la Coupe du monde 2026 et les précédentes éditions controversées de la compétition sous l’ère Infantino ne vire en gangrène.
Promotion logique
Dans un autre ordre d’idées et une note positive, quelle bonne décision du Tricolore de promouvoir l’entraîneur Daniel Jacob à la barre du Rocket de Laval, le club-école des Canadiens de Montréal. Adjoint du précédent pilote du Rocket, Pascal Vincent, et assistant-entraîneur de carrière qui a longtemps œuvré aux côtés de Joël Bouchard, Jacob est toute une tête de hockey!
Issu également de la nouvelle génération d’entraîneurs, il est aussi un excellent motivateur qui poursuivra le travail de Pascal Vincent pour bien former les espoirs du Bleu blanc rouge. Et à moins d’une surprise sur le marché des joueurs autonomes ou une transaction d’ici le début de la saison, l’état-major du CH entend toujours miser sur ses espoirs pour améliorer son équipe. Daniel Jacob sera donc un atout important pour l’organisation montréalaise.
La chronique Le DG d’estrade prendra une pause au cours des prochaines semaines, à l’occasion des vacances estivales de votre humble scribe. Je reprendrai la plume à partir de la mi-août pour chroniquer sur le merveilleux monde du sport. Profiter bien du beau temps!
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.