Par Guillaume Ratté-Côté
Or, l’écosystème du commentariat du Québec, basé à Montréal et à gauche, pense déjà avoir déniché un argument imparable face à la seule demande de cette région souvent jalousée inconsciemment. Et il le martèle sans cesse : il n’est pas cohérent de commander une rigueur budgétaire et désirer ce projet à la fois, car son utilisation, à ses débuts, sera limitée, et ses coûts sont élevés.
Je me suis moqué sur Facebook de la proposition de troisième lien de transport en commun seulement du PQ récemment, et y ai interpellé Serge Bonin, car ce projet est une garantie de sa non-élection et j’étais curieux de connaître sa réponse. Le troisième lien uniquement pour transport en commun serait quasi aussi onéreux, encore moins utilisé, et appuyé par absolument aucune volonté populaire.
Il a répondu et je cite que «le PQ n’a pas annoncé de projet officiellement. Les promesses pharaoniques de la CAQ ne tiennent pas. Lévis se fait promettre la lune depuis trop longtemps. On doit s’occuper de ce qu’on possède, nos routes, nos hôpitaux, nos écoles, etc. Il faut regarder les meilleurs moyens pour libérer du trafic. Il n’y avait pas de proposition officielle. Les journalistes ont insisté et c’est ce qui avait été soulevé en 2022. Mais c’était aujourd’hui une annonce de candidat d’abord et avant tout. La campagne viendra avec ses propositions en septembre».
Donc, le candidat de Lévis est parfaitement conscient que la proposition de 2022, réitérée comme valide par le chef lors de cette présentation à la Terrasse de Lévis, ne tient aucunement la route. Surtout si «on doit s’occuper de ce qu’on possède» comme il dit! Donc il semble préférer que le PQ ne propose rien du tout que leur patente folle de 2022 (en passant, le candidat dans Lévis de l’époque avait essayé de m’expliquer que la raison primordiale de faire ça était pour … le tourisme).
Mais même là, ce n’est pas une position qui colle aux besoins de la région de Québec. Le lien actuel est avancé en âge, magané, et il faut penser à l’après. Et quand il est bouché, ça prend une soupape de soulagement, tant pour la qualité de vie que la sécurité. Et au surplus, cela améliorera un nombre énorme de trajets par an, tant en transport que pour des travailleurs, et même des touristes, et là pour vrai. C’est une infrastructure nécessaire. Du genre qui s’est bâtie dans les premières années de présence du PQ à la tête du Québec d’ailleurs.
Mais, parlant de ces premières années, cela s’était aussi accompagné d’un nombre inédit d’aventures d’interventionnisme étatique coûteuses. Qui depuis, ne sont jamais réévaluées au-delà de ce que les groupes de pression qui veulent toujours davantage de ce genre de mouvement, car il leur bénéficie, souhaitent. Donc, si on veut parler de rigueur, regardons d’abord ces dépenses récurrentes.
Mais au surplus, comme lui ont vite fait remarquer certains abonnés, la logique de s’occuper d’abord de nos installations déjà présentes devra s’appliquer aussi au tramway à Québec, qui est certainement nouveau, et encore possible à stopper! Un projet duquel le chef montréalais ne semble pourtant pas voir comme un quelconque problème. Pour qui la région de Québec, au deux tiers, ne veut pas.
Exactement à l’opposé d’un périphérique routier!
En résumé, le PQ semble incapable de quelque cohérence que ce soit dans ce dossier. Et pas le choix de se dire que cela se produira fort probablement dans plusieurs autres d’une complexité similaire s’il accède au pouvoir. Et une chose est certaine, le Québec sera malheureusement encore dirigé depuis Montréal dans un tel cas!
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis.