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La revanche des joueurs

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04 sept. 2026 11:55

Les Jets de Winnipeg se retrouvent avec toute une patate chaude à gérer à l’aube de la campagne 2026-2027 dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Plus tôt cette semaine, leur gardien étoile, Connor Hellebuyck, a publiquement fait savoir qu’il voulait terminer sa carrière dans le circuit Bettman sous d’autres cieux.

Par Érick Deschênes

Depuis le début de l’été, on assiste à une certaine forme de revanche des joueurs dans la LNH, eux qui ont vu les franchises du circuit Bettman prendre de plus en plus de pouvoir depuis l’instauration du plafond salarial en 2005.

Malgré de juteux contrats à long terme, plusieurs étoiles de la ligue, comme Hellebuyck, on n’a qu’à penser à Brady Tkachuk ou Dylan Larkin, ont demandé des transactions. Grâce à l’inclusion d’une clause de non-mouvement dans leur pacte avec leur équipe, ils peuvent choisir la destination de leur choix afin de poursuivre leurs exploits dans la meilleure ligue de hockey au monde.

Ainsi, si les différents paramètres établis par la partie patronale «limitent» l’explosion de leurs conditions salariales comparativement à d’autres circuits nord-américains de sport professionnel, les joueurs peuvent établir une sorte de système de sport universitaire américain lorsqu’ils atteignent leur apogée.

En effet, avec la clause de non-mouvement partielle ou complète, les joueurs peuvent choisir leur prochaine destination dans le circuit Bettman dès qu’ils ont un conflit avec leur organisation. Un contournement du système de repêchage et de transactions en place dans la LNH qui peut se faire malgré que les joueurs qui utilisent l’option nucléaire permise par la clause de non-mouvement se sont souvent engagés à long terme et pour plusieurs millions de bidous pour l’équipe qui leur a donné une première chance.

Dans le cas de Hellebuyck, les Jets se retrouvent donc complètement menottés. En plus de devoir se départir de leur cerbère dans un marché où l’intérêt pour les gardiens n’est pas élevé, l’organisation manitobaine doit négocier avec des partenaires en situation de faiblesse.

Je me demande donc s’il ne peut pas être pertinent, dans le prochain contrat de travail dans la LNH qui devra être établi en 2030, d’ajouter une clause qui pourrait être bénéfique pour les deux parties. La vie n’est pas un long fleuve tranquille et les joueurs peuvent avoir différents motifs (changement de la situation familiale, conflits avec des responsables de l’organisation, etc.) qui les incitent à changer d’air.

Toutefois, il est tout aussi valable, selon moi, pour une organisation de pouvoir obtenir le plus grand retour possible lorsqu’il se doit de placer sur le marché des transactions un actif sur lequel il a beaucoup investi au cours des dernières années, encore plus dans un système de plafond salarial strict où les équipes peuvent principalement s’améliorer grâce au repêchage annuel du circuit Bettman.

Pourquoi donc il ne serait pas possible qu’une clause de mouvement se transforme lorsqu’un joueur dépose officiellement une demande de transaction à son équipe? Une clause de non-mouvement complète pourrait ainsi devenir une clause partielle où le joueur ne pourrait inscrire que la moitié des 32 équipes de la LNH comme franchises avec lesquelles son organisation ne pourrait pas transiger? Pour les clauses partielles de non-mouvement, lorsqu’une telle demande d’un joueur serait reçue par une organisation, le nombre d’équipes bloquées par l’athlète dans son contrat serait diminué. En contrepartie pour ce droit à plus de latitude accordée à une équipe, l’organisation du joueur devrait verser une compensation financière à son protégé.

Tout cela permettrait d’éviter de menotter les organisations et de permettre à des joueurs qui veulent respirer un nouvel air de devenir des parias dans l’équipe où ils ont brillé pendant plusieurs années. Dans les dernières transactions réclamées par des joueurs, on n’a qu’à penser à Brady Tkachuk ou Jeff Petry pour un exemple plus près de chez nous, les joueurs qui ont réclamé des transactions n’ont jamais bien paru, malgré que leur demande était bien légitime.

Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis/Peuple Lotbinière.

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