Par Guillaume Ratté-Côté
J’ai parlé à Yanick Godbout, du Parti québécois (PQ), le dimanche 13 septembre. J’avais en tête le précédent porte-couleur péquiste dans la circonscription, qui m’avait dit vouloir un troisième lien en transport en commun «pour le tourisme». Et aussi la venue récente de PSPP en ville, qui avait généré des discussions sur un tunnel pour le transport en commun.
Aussi, je pensais au résultat serré du référendum de 1995, mais tout de même majoritairement «Oui», dans un contexte où nous avons eu probablement la dernière occasion de l’histoire de tenir un référendum gagnant sur l’indépendance du Québec.
Et j’ai été agréablement surpris! Au surplus, en considérant mes inclinaisons conservatrices, que je me dois de rappeler d’ailleurs.
Je ne suis toujours pas convaincu de la sincérité de PSPP dans ses promesses de certaines avancées en ce sens, mais la candidature de Yanick Godbout peut aider à y parvenir.
Questionné sur ses motivations pour se lancer dans une telle tâche, M. Godbout mentionne d’abord la souveraineté, et, fait intéressant, évoque (sans le nommer ainsi), sa descendance canadienne-française, remontant au milieu du 17e siècle. Donc, pas de gêne sur le fait qu’il considère que notre culture a des racines bien définies! Je suis de plus en plus curieux!
Il parle ensuite d’efficacité comme raison plus rationnelle à l’indépendance. Chose qui, personnellement, ne me charme plus, vu mon dépit devant les promesses des partis traditionnels de faire changer de carrière à quelque fonctionnaire que ce soit (autrement dit, je suis certain que le PQ embaucherait tous les fonctionnaires fédéraux). Mais ce désabusement m’appartient, et ne doit pas tout noircir!
Son parcours peut peut-être le rendre plus optimiste que moi, lui qui a travaillé pour l’État (entre autres comme délégué du Québec à Los Angeles) et dans le secteur privé, entre autres comme VP d’une PME comptant près de 200 employés. Et moi ayant cultivé le cynisme devant un micro, en gérant un petit OBNL et un petit parc immobilier, tout en observant jour après jour l’État engraisser… Et c’est très bien!
Mais cela ne l’empêche pas, ensuite, lorsqu’interrogé sur la priorité pour lui outre le référendum, de parler encore d’efficacité! Et les deux points qu’il mentionne ensuite sont des propositions du Parti conservateur : abolition des subventions aux entreprises (à la Fréchette et Fitzgibbon) et abolition de la taxe sur les biens usagés.
Puis, vient le temps de parler des enjeux de Lévis. Là, première chose, les fameux logements sociaux. Rappel de la promesse du PQ de bâtir 5 000 unités par mois. Chose qui me déçoit, considérant l’incapacité chronique de l’État à éviter des coûts astronomiques comparés au privé, tant dans la construction que la gestion par la suite. Mais il nuance un tantinet en parlant de coops.
Vient ensuite le transport. La question lévisienne de l’urne. Il a fait ses devoirs ici. Mieux que son chef. Il admet qu’un périphérique aurait dû être fait historiquement. Mais écarte rapidement (avec raison) toute crédibilité de la CAQ dans ses promesses pharaoniques. Et livre ensuite la plus solide critique sur le pont ébauché par le PCQ : un pont aussi peu large ne pourra pas avoir la hauteur requise pour laisser passer les bateaux de croisières et pourrait limiter les activités de la Davie.
Et l’histoire de lien pour le transport en commun? Dédouanement rapide et efficace : c’est une suggestion de la Caisse de dépôt et placement qui oui, si elle commande tout de même des investissements gouvernementaux, offrirait surement des réductions de nombre de véhicules sur les ponts actuels, et les traversiers.
Parlant des traversiers, j’ai senti une volonté d’un suivi bien plus serré sur la chose et une exaspération bien sentie sur les récents ratés. Et aussi des ambitions pour davantage de traversées. Mais à la fois une importance peut être gonflée y étant accordée.
Et quand j’ai évoqué l’âge et l’état des ponts de Québec et Laporte, j’ai senti que sa suggestion, de peut-être avoir des traversiers à l’est de l’île d’Orléans pour le transport lourd, en était une de refuge, pour un candidat dont le chef s’obstine à ne pas voir la réalité en face, bien plus préoccupé à ce qui se dit là-dessus… à Montréal!
L’autre idée qu’il a évoquée, de repenser les spaghettis de la tête des ponts sur la Rive-Sud, compense un peu. Mais entre une bonne idée et un projet du PQ, il reste encore quelques kilomètres de route.
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis.