Par Guillaume Ratté-Côté
J’ai parlé à Karine Laflamme, candidate du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans Lévis, le dimanche 13 septembre. J’avais en tête ses deux dernières défaites électorales, au provincial en 2022 et au municipal en 2025. Également : sa réponse aux propos de son adversaire péquiste sur la version conservatrice du 3e lien, qui selon lui empêcherait les bateaux de croisières de venir alimenter l’économie de la région…
Aussi à l’esprit le désabusement que je partage avec une proportion grandissante de la population à propos de la volonté réelle des partis établis de faire quoique ce soit en ce qui a trait à l’obésité morbide de l’État québécois.
Et j’ai été plutôt satisfait par ses réponses.
Premièrement, quand je l’ai questionné sur ses motivations à se lancer, encore, dans une campagne, compte tenu des deux dernières défaites, j’ai eu droit à une candeur appréciable. Elle m’a parlé de ses hésitations à bâtons rompus, et du processus qui l’a mené à trouver l’énergie et la détermination nécessaires, malgré l’incertitude. Je comprenais qu’elle était fière d’être sur les rangs encore une fois sans qu’on lui ait réservé de place «sûre» et de surcroît dans Lévis où elle a toutes ses racines.
Questionnée sur l’enjeu le plus important au niveau national, le coût de la vie sort promptement. Et aussi sa vision des causes de la chose, qui sont, pour le dire sans la citer exactement, un étatisme débridé, des taxes bien trop voraces pour y pallier et l’inflation que tout cela induit. Elle mentionne ensuite le privé en santé et sa certitude que ce soit la solution la plus efficace pour stopper l’hémorragie, avec des investissements qui n’ont d’équivalent en croissance que les minutes d’attente aux urgences.
Interrogée sur l’immigration, elle mentionne d’emblée ses effets sur le coût de la vie et souligne que Lévis a bien besoin de davantage de travailleurs qualifiés, et peut-être de moins de demandeurs d’asile. Chose qui sonne comme de la musique à mes oreilles, mesurant le phénomène d’utilisation douteuse du terme et des processus qui l’entourent au cours des dernières années, et le voyant comme une fraude mondialement généralisée aux dépens des populations originaires des pays développés.
En arrivant dans les dossiers lévisiens hors transports, je lui demande ce que le provincial devrait apporter à Lévis en priorité. Elle me répond en parlant de logement d’emblée, ce qui me laisse d’abord pantois, ayant l’impression qu’elle s’apprête à me parler de logements sociaux (ou étatisés, si on utilise un terme plus représentatif!) Mais il n’en est rien! Elle parle de la possibilité pour le ministère de l’Environnement de revoir ses normes pour les eaux usées, peut-être temporairement, en vue de permettre la levée des moratoires sur la construction comme celui qui sévit à Lévis. Sans se montrer contre le principe en soi, qui veut à l’origine que les rejets dans le fleuve soient grandement réduits.
Pour ce qui est des transports, dans des dossiers autres que le 3e lien, elle mentionne que l’élargissement de la 20 aurait dû être fait vers l’ouest en premier, et bien plus vite. Elle parle aussi des communications déficientes entre paliers dans les planifications, qui sont selon elle à la base du capharnaüm de cet été, ou les deux axes est-ouest étaient en chantiers simultanément. Elle évoque la disparition des traversiers après la construction du périphérique, sans dire la souhaiter. Mais on sent le contraste avec son adversaire péquiste, qui m’avait parlé de bonifier la chose, et même de traversiers pour le transport lourd sur l’île d’Orléans!
Pour finir avec ce fameux lien, quand je lui parle d’échéancier du plan conservateur, elle semble hésitante. Mais se reprend rapidement en évoquant le pont Gordie-Howe. Un pont de 6 voies, fait en 4 ans. Et évoque la logique qui voudrait que, comme il est plus court et deux fois moins large, il soit concevable de le faire en deux à trois ans seulement. À propos du trafic supposément insuffisant sur un nouveau lien, elle répond avec aplomb que ce sera assurément amplement suffisant dans les moments de graves bouchons sur les vieux ponts! Et qu’il faut voir à long terme.
Je suis, je dois le dire, pleinement satisfait! Reste la question soulevée par le candidat péquiste sur la hauteur. Comme quoi le pont version conservateur serait trop étroit pour que sa hauteur permette le passage des bateaux de croisière. Elle répond que les calculs en ce sens de la proposition de son parti permettent le passage de tous les bateaux de croisière sans entraves, sauf le Queen Mary 2 en jouant avec les marées. Mais que ce dernier peut abaisser l’antenne qui y culmine et réussir le passage. Et que cela se fait autrement ailleurs.
J’ajouterais que le PCQ n’a pas pu investir de grandes sommes pour ses études, mais que si ce qui vient d’être dit n’est pas encore assez, il pourra toujours y avoir des ajustements en largeur sans que cela ne fasse passer les coûts à des sommes pharaoniques de style caquiste!
D’ailleurs, prochain invité, le très sympathique Bernard Drainville. À bientôt!
Cette chronique fait partie de notre section Opinions, qui favorise une pluralité d'idées. Elle reflète l'opinion de son auteur, pas celle du Journal de Lévis.