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Lettre ouverte

Sur notre liste de Noël, on veut de la solidarité!

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Photo : Archives

08 déc. 2023 10:38

Profondément préoccupés, nous sommes des organismes d’action communautaire autonomes du territoire qui côtoyons, au quotidien, des personnes de tout âge, qui vivent avec certains problèmes de santé et/ou qui sont confrontés à divers facteurs de vulnérabilité.

Note de la rédaction : Le Journal de Lévis n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimées dans ce texte sont celles des auteurs signataires.

Profondément préoccupés, nous voyons ces personnes s’appauvrir dramatiquement et vivre beaucoup de détresse. Nous nous sentons terriblement impuissants et c’est pourquoi, nous avons décidé collectivement d’adresser ce problème sur la place publique.

La période des fêtes arrive et les appels au don via, entre autres, les guignolées fusent de partout pour regarnir les banques alimentaires. Nous saluons ces initiatives, mais nous souhaitons également rappeler qu’elles sont temporaires, que ce n’est pas une solution à long terme.

La pauvreté se vit à l’année et ne se règle pas par la charité.  Les dons individuels ne peuvent remplacer l’État et son devoir social. Ceci dit, il semble qu’on doive le lui rappeler. En effet, dans la dernière mise à jour économique, on a pu constater un désengagement de l’État envers sa mission sociale. Oui, il a donné des millions aux banques alimentaires et pour de l’hébergement temporaire aux personnes en situation d'itinérance, mais il n’a rien fait pour hausser les prestations d’assistance sociale, hausser le salaire minimum ou pour contrer la crise du logement. Ces millions vont fondre rapidement si aucune mesure structurelle n’est prise.

Selon le Bilan-Faim, le recours aux banques alimentaires a augmenté de 30 % la dernière année comprenant de plus en plus de travailleurs et travailleuses, c’est-à-dire une personne sur 10. On peut s’imaginer qu’en plein cœur de l’hiver, avec la facture d’électricité qui augmente et les besoins des enfants en vêtements d’hiver, plusieurs autres personnes vont souffrir d’insécurité alimentaire.

Ce que l’on se souhaite collectivement pour Noel, c’est de la solidarité. C’est d’un gouvernement qui redistribue l’argent de nos impôts pour augmenter les régimes des rentes du Québec, pour mettre sur pied un programme universel d'alimentation scolaire, pour augmenter les prestations d’aide sociale, pour réinvestir dans notre réseau de santé et de services sociaux ainsi que dans notre système scolaire qui sont des facteurs importants de mobilité sociale. Aussi, d’un gouvernement qui augmente le salaire minimum, qui réglemente la hausse des loyers et socialise le parc locatif. Nous estimons que l’argent public ne doit pas aller dans des projets superflus tels qu’une équipe de hockey qui gagne déjà des millions, mais plutôt à la population qui en arrache.

Finalement, on ne peut ignorer le contexte dans lequel notre lettre apparaît, soit lors de la COP28 ainsi que pendant les 12 jours d’actions contre les violences faites aux femmes. En ce sens, nous rappelons que les conséquences de la crise environnementale toucheront davantage les personnes appauvries et marginalisées et que seul un filet social fort pourra les soutenir. Nous dénonçons également la violence économique envers les femmes (coût important des produits d’hygiène, salaire moyen plus bas que ceux des hommes, plus souvent cheffes de familles monoparentales avec tous les défis que cela suppose, etc).

Solidarité!

Naélie Bouchard-Sylvain, du RÉPAC 03-12

Marie-Claude Verreault Dubreuil, CDC de Lévis

Mélanie Pinault, AQDR Lévis-Rive-Sud

William Demers, ADDS Rive-Sud

Marjorie Tardif, Maison de la famille Chutes-Chaudière

Sophie Therrien-Jacques, Maison des Jeunes de St-Jean-Chrysostome

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