Note de la rédaction : Le Journal de Lévis n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimées dans ce texte sont celles des auteurs signataires.
Pour citer une élue du conseil : «Plusieurs membres du conseil souhaitent revenir à l’essentiel : servir le citoyen payeur de taxes et non multiplier des engagements théoriques ou répondre à des groupes de pression». Et en parlant du cadre financier : «Dans cette liste d’engagements cruciaux, le seul qui correspond vraiment aux attentes des Lévisiens, c’est le renouvellement des infrastructures et des équipements. Tout le reste s’éloigne de la mission municipale : offrir des services adéquats, des infrastructures fiables et des taxes maîtrisées».
Cette vision était d’ailleurs en phase avec le sujet longuement discuté lors des Assises 2026 de l’Union des municipalités du Québec ainsi qu’avec la conclusion d’une étude récente de l’Ordre des ingénieurs du Québec (Ordre des ingénieurs du Québec, 2026) : maintenir les actifs et pérenniser les infrastructures existantes.
Nous voilà maintenant au cœur du sujet. La Ville de Lévis déposera un projet de réaménagement du stade de baseball Georges-Maranda. Le projet consiste en «l’implantation d’un terrain de baseball synthétique, la reconstruction du bâtiment de service, l’ajout de gradins permanents, l’amélioration des accès et du stationnement ainsi que l’ajout d’un dôme rétractable». Est-ce que ce projet est vraiment cohérent avec la vision de plusieurs conseillers voilà à peine quelques mois? On parle quand même d’un montant de 6 M$ du côté de la Ville!
Tout d’abord, il faut mentionner que, depuis plusieurs années, nous avons tous vu le stade Georges-Maranda être laissé à l’abandon. Des bénévoles d’un tournoi de baseball l’ont d’ailleurs dénoncé publiquement cet été dans une lettre qui a fait grand bruit durant la campagne électorale. C’est vrai que ce stade a besoin d’amour. Mais est-ce vraiment la meilleure solution, compte tenu des coupes municipales annoncées, que de construire un dôme sur le terrain? N’aurait-il pas été plus logique de mettre en place un plan progressif afin de remettre cette infrastructure à niveau? Cela aurait été au moins cohérent avec la vision actuelle de la Ville. Car l’infrastructure que la Ville souhaite maintenant construire nécessitera elle aussi de l’entretien.
J’entends déjà l’argument voulant qu’il faille faire bouger nos jeunes. Je suis totalement d’accord avec ça! Mais, comme mentionné précédemment, il est tout à fait possible d’investir de façon responsable sans aller de l’avant avec le projet de dôme proposé. Est-ce réellement le meilleur investissement pour l’ensemble de la population, et particulièrement pour nos jeunes?
Pendant ce temps, l’administration municipale annonce la fermeture de plusieurs patinoires extérieures l’an prochain. Des infrastructures de proximité accessibles gratuitement, qui permettent à énormément de jeunes de pratiquer parfois leur seul sport hivernal. Peut-on vraiment dire que ce futur dôme sera accessible à tous, en tout temps? Permettez-moi d’en douter.
Parce qu’il faut se dire les vraies choses : une grande partie de la population n’aura jamais réellement accès à ces infrastructures annoncées à coups de millions. C’est très différent d’une bibliothèque, d’une piscine municipale, d’un parc, d’une patinoire de quartier ou de toute autre installation publique où le citoyen n’a pas à débourser davantage que ses taxes pour en profiter.
Alors, pelletons encore vers l’avant. Dans 20 ans, lorsque le dôme arrivera à la fin de sa vie utile, nous continuerons à nous plaindre sans trop nous soucier de ceux qui l’auront mis en place. Et nous écouterons encore les belles promesses du prochain maire qui dira vouloir revenir aux services essentiels… et éviter de couper des rubans.
Par Jocelyn Tremblay, citoyen