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Un développement trop rapide
Lévis se développe rapidement et cela engendre son lot d’inquiétudes chez certains citoyens. Partout dans la ville, on remarque la présence de nombreuses grues, signe d’un développement en plein essor. La crainte du développement en hauteur est réelle et une possible rupture d’échelle du cadre bâti se dessine. Il est important, pour l’avenir, de se questionner sur l'existence d’une vision de nos lieux centraux.
La ville souhaite particulièrement densifier deux noyaux urbains, soit près des ponts à Saint-Romuald, et au centre-ville autour de l’axe Kennedy. En revanche, nous n’avons pas de plans particuliers d’urbanisme pour ces pôles qui permettent, entre autres, de réglementer les hauteurs prévues des bâtiments.
Actuellement, les promoteurs ont presque carte blanche sur certains aspects de l’implantation des bâtiments qu'ils désirent construire même si la ville tente le mieux possible de les encadrer. Au niveau urbanistique, il me semble complexe de suivre les nombreux projets de développements n'ayant en main aucun plan d’ensemble ou aucune vision spécifique aux secteurs. Ainsi, les nouvelles constructions ont du mal à s’insérer dans le milieu environnant.
Prenons l’exemple de la route du Président-Kennedy, où il y a éclatement entre les bâtiments par la différence des styles architecturaux, des usages et de la hauteur. Pour une vision durable à long terme, je suis convaincu que la ville doit se doter d’un plan particulier d’urbanisme pour ses pôles urbains, ce qui permettra d'encadrer les projets futurs avec une plus grande cohérence.
Certaines décisions urbanistiques des dernières années sont déjà contestées et regrettées, comme celle de la construction d’un immeuble à logements de quatre étages sur la rue de Ségur directement dans un quartier résidentiel. Les décideurs créent des précédents qui seront difficiles à changer. C’est la raison pour laquelle chaque décision compte.
Mon rêve pour notre centre-ville
Plusieurs sont ceux qui critiquent la mobilité entre Lévis et Québec, mais les gens ont tendance à oublier la mobilité à l’intérieur même de notre ville. En tant que conseiller municipal, ma vision pour Christ-Roi est que le centre-ville de Lévis soit à l’échelle humaine: animé, rassembleur et sécuritaire.
Plusieurs quartiers résidentiels se situent à moins de 300 mètres des lieux commerciaux. Les infrastructures et les aménagements doivent permettre aux citoyens de s’y rendre à pied et à vélo. La possibilité d’utiliser les modes de transports actifs vers les lieux de proximité fait partie de la définition même d’un milieu de vie. Il est important de prôner la cohabitation entre les différents usagers de la route pour que les gens aient la possibilité de choisir le mode de transport qui leur convient.
C’est pourquoi l’aménagement de commerces près de la route, de larges trottoirs, des pistes cyclables, des espaces verts et publics sont nécessaires afin de créer le dynamisme d’un pôle urbain chaleureux et invitant.
En ce sens, la ville a le devoir d’agir et doit se doter d’une planification pour ses noyaux urbains, tant au niveau urbanistique qu’en mobilité. Le coeur de notre centre-ville bénéficierait à coup sûr de cette greffe espérée. Les décisions d’aujourd’hui auront un impact pendant très longtemps dans notre paysage urbain.
Alexandre Fallu, conseiller municipal de Christ-Roi
Membre du parti d’opposition Repensons Lévis