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Lettre ouverte

Il n’y a jamais eu de trou budgétaire de 14 M$ à Lévis

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Photo : Archives - Gilles Boutin

17 juin 2026 02:15

Lorsque j’ai quitté l’Hôtel de Ville le 2 novembre dernier, je laissais la maison en ordre pour la suite des choses. La Ville de Lévis venait tout juste de se doter d’un cadre financier et la firme Raymond Chabot Grant Thornton faisait alors ressortir que «les dépenses sont demeurées sous contrôle dans un contexte de très grande croissance de la Ville».

Note de la rédaction : Le Journal de Lévis n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimées dans ce texte sont celles des auteurs signataires.

Or, quelques semaines après les élections, un mélodrame s’est déroulé au 2175, chemin du Fleuve. Horreur, après des années de gestion saine et rigoureuse des fonds publics par mon équipe, il semblait y avoir un trou de 14M$ dans le budget. On évoquait alors des solutions drastiques pour joindre les deux bouts.

Je vous avoue avoir avalé mon café de travers en lisant ce qui se disait à ce moment. J’évite d’agir en belle-mère politique à Lévis maintenant que je ne suis qu’un citoyen comme vous, mais force est d’admettre que le conseil municipal n’a pas eu l’heure juste sur la situation financière de la Ville.

Au cours des 12 dernières années, avec mon équipe, nous avons assuré un contrôle serré des dépenses. Et les résultats sont là. Parmi les 10 grandes villes du Québec, Lévis est dans le peloton de tête pour le coût des services per capita le moins élevé. Avec notre cadre financier, nous nous sommes dotés d’un solide plan de gestion des actifs, d’une politique de gestion des excédents et d’une politique de gestion de la dette.

Ainsi, nous avons dégagé un surplus de 25,4 M$ en 2024 et pour l’année 2025, ma dernière année de mandat, nous venons d’apprendre que le surplus totalise 32,8 M$.

J’ai toujours eu la fierté de m’assurer d’une marge de manœuvre suffisante pour les imprévus sans pour autant surtaxer les citoyens lévisiens qui en ont déjà beaucoup sur leur assiette fiscale. Grâce à une gestion très serrée des finances publiques, le dégagement des excédents visait notamment à accélérer le remboursement anticipé de la dette afin d’assurer le renouvellement de nos actifs, notamment en regard du traitement des eaux usées. D’ailleurs, le plan de mise à niveau des infrastructures du nouveau conseil municipal est, à peu de choses près, le même que celui que nous avons mis de l’avant dès l’année 2024.

Les nouveaux élus municipaux ont rapidement appris que la loi provinciale empêche les villes de faire des déficits. Chaque année, les élus doivent faire face à des augmentations de dépenses reliées entre autres aux conventions collectives et à l’augmentation du coût des produits et services. Il faut trouver les solutions adéquates pour balancer les revenus et les dépenses, un vrai défi dans une nouvelle réalité inflationniste. J’ai toujours tiré une fierté à balancer les budgets adéquatement pendant les 12 années où la population lévisienne m’a offert sa confiance.

Ce qui est désolant dans l’information qui a circulé, c’est que l’administration municipale était déjà au fait, dès novembre 2025, que la Ville s’enlignait minimalement vers un surplus oscillant entre 20 et 25 M$. Il n’y a donc jamais eu de déficit budgétaire ou de manque à gagner pour l’année 2025, dernière année de mon mandat.

Est-ce que la nouvelle équipe a obtenu toute l’information nécessaire à la prise de décision? Je n’en sais rien.

D’un œil extérieur, je savais pertinemment que le déficit évoqué de 14 M$ était inexistant en novembre dernier. Avec l’obligation pour la Ville de Lévis de rendre public le bilan financier de l’année 2025, la vérité est enfin diffusée au grand jour.

Ce qui me rassure, c’est que le conseil municipal a réussi à présenter un budget équilibré en 2026 au profit de l’ensemble de la communauté lévisienne.

En conclusion, ma grande fierté au cours des 12 dernières années, grâce à un travail d’équipe, la ville de Lévis a trôné au premier rang des grandes villes pour la qualité de vie, pour la sécurité publique, pour la vitalité économique et pour l’indice de bonheur le plus élevé.

Gilles Lehouillier
Ex-maire de Lévis

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